• Poème de Rudyard Kipling

    Si...

    Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;
    Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d'un mot ;
    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
    Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n'être que penseur ;
    Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
    Si tu sais être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral et pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,
    Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
    Tu seras un homme mon fils !

    Ce poème fut écrit en 1910, à l'intention de son fils, John, alors agé de 12 ans. John mourut lors de la première guerre mondiale.

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  • Chiara Luce Badano est une jeune italienne, décédée à l’âge de 18 ans en 1990 d’un cancer des os et béatifiée le 25 septembre 2010 à Rome.

    Vous pouvez découvrir son histoire à l’adresse suivante : http://chiaraluce.free.fr.

    Voici une de ses  dissertations, sur la liberté. Elle l’a écrite en 1989, peu après les affrontements sur la place Tien’anmen. En Afrique du Sud, le combat contre l’apartheid est mené… 

    « Les journaux, la télévision et les médias en général nous parlent souvent de liberté; nous en avons une douloureuse illustration dans les événements survenus récemment sur la place Tien’anmen. La photo de ce jeune, immobile devant un char armé, est l’emblème d’une recherche souvent désespérée et héroïque qui pousse les jeunes d’aujourd’hui à lutter jusqu’au péril de leur vie.

    En feuilletant les journaux de ces derniers jours ou en allumant la télévision, nous sommes touchés par cette marée de réfugiés qui quittent les pays de l’Est, oubliant les dangers dans leur course vers la liberté, et aussitôt nous pensons à la lutte silencieuse et tenace du peuple sud-africain.

    Liberté en tant qu’égalité, et donc en tant que disparition de toute forme de racisme; liberté comme pouvoir d’autodétermination des peuples ; liberté d’expression, de pensée, de religion; liberté affranchie du besoin, comprise comme le droit de disposer des moyens de subsistance, et je parle ici de cette partie de la population qui, aujourd’hui encore, meurt de faim, de ces personnes que l’on prive de la principale liberté : celle de vivre.

    La recherche de la liberté et la lutte pour la conquérir est une constante dans l’histoire du chemin des hommes ; un chemin non encore achevé, un but qui reste à atteindre, même si beaucoup de barrières se sont déjà écroulées.

    Nous, Occidentaux, héritiers des idées de la Révolution américaine et de la Révolution française, formés à des principes dictés par le christianisme ; nous qui vivons dans des États démocratiques, peut-être croyons-nous avoir accédé à la liberté. Mais est-ce vraiment le cas ?

    Même s’il tend constamment vers ce bien commun, l’homme, en cherchant à s’affranchir de certains interdits, se rend esclave de lui-même à travers la course à la consommation, au bien-être, à travers la recherche acharnée du pouvoir. »

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  • Martin Luther King  a dit : «  ce qui ne me détruit pas me rend plus fort ».

    Or, beaucoup d’entre nous rêvent d’une vie sereine, douce, dénuée de souffrances. Est-ce juste ?

    Des hypothèses

    Tout d’abord, nous oublions trop souvent que nous sommes sur terre, de passage.

    A ce titre, je pose comme hypothèse que ce passage trouve son sens par les expériences que nous faisons et qui ont pour rôle de nous faire évoluer.

    J’entends ici par évolution, le chemin vers un accroissement de notre niveau de conscience.

    Donc, de passage sur terre, disais je, nous faisons des expériences. La souffrance est donc une expérience.

    Elle est une expérience fondamentale car c’est elle qui nous apprend la compassion. Vous me direz : et alors ?

    Examinons cette question au travers de la philosophie bouddhiste.

    Le point de vue bouddhiste

    Dans le bouddhisme, c’est en entrant en contact profond avec la souffrance que nous trouvons la voie qui mène au bien être.

    Voici ce que dit Thich Nhat Hanh (« Toucher la vie ») : «  si vous rejetez la souffrance, vous n’avez pas la possibilité de comprendre sa nature, et il vous est alors impossible de voir le chemin qui mène au bien être » ;

    « Pour moi, le royaume de Dieu, la terre pure, est un endroit où existent l’amour, la compréhension, la plein conscience et la souffrance. Et le contact avec la souffrance rend possible la présence de la compréhension, de la compassion, de l’amour. (…) C’est avec la souffrance qu’on fabrique la compassion. (…) Votre bonheur est fonction de votre compassion ; si vous n’avez pas de compassion dans votre cœur, vous n’avez pas de bonheur du tout. Il faut cultiver la compassion pour être heureux. »

    « La définition de l’enfer est simple : c’est l’endroit où il n’y a pas de compréhension, de compassion. Nous avons tous été en enfer ; (…) Nous avons tous souffert et savons très bien que l’enfer a besoin de la compassion. S’il y a de la compassion, l’enfer cesse d’être de l’enfer. La compassion peut être générée par vous-même », ou apportée par un autre.

    La question de fond

    Voulez vous vraiment entretenir l’enfer en vous, les graines d’enfer qui se trouvent dans votre cœur, en ne regardant que la souffrance, en vous concentrant sur votre souffrance ? Ou bien préférez vous laisser germer le bonheur, en regardant le paradis qu’offre l’instant présent, en accueillant le miracle de la vie? la couleur d’une rose, le chant d’un oiseau, le baiser de votre enfant …

    Longue vie à vous !

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  • Il est beaucoup question de psychiatrie dans nos sociétés actuellement. Pour preuve : les « une » fréquentes que notre presse télévisée et écrite française consacre à des pathologies telles que l’autisme et des troubles bipolaires ; le plan Alzheimer officialisant la nécessaire prise en charge de ces malades en 2008 en France…  

    J’ai eu envie de regarder ces pathologies sous un angle différent de la description de la vie des malades, comme cela nous est souvent, et justement, proposé. Mais avant, je reprends brièvement l’histoire qui met en lumière, somme toute, une discipline scientifique récente qui a rapidement évolué.  

    Bref historique de la psychiatrie 

    La psychiatrie, en tant que discipline spécifique (médecine de l’esprit au sens littéral), se constitue au 19ième siècle (Jacques Hochman (2011), « Histoire de la psychiatrie, collection que sais-je). 

    Au début du 20ième siècle, un tournant s’opère : organisation du mouvement psychanalytique par les élèves de Freud que sont Adler et Jung, la description des pathologies (Alzheimer (1906), Creutzfeld et jacob (1920), description de la schizophrénie par Bleuler (1911)). C’est aussi le début de la neuropsychiatrie avec l’électro-encephalogramme (Berger (1929)) ou la cartographie des aires du cerveau par Brodman. (Professeur Thierry Bougerol, Université Joseph Fourrier, faculté de médecine de Grenoble). Et ce sont les thérapies de choc : déclenchement de crises convulsives (par les électrochocs, l’insuline ou d'autres substances) ou certaines interventions mutilantes sur le cerveau (lobotomie). 

    La découverte des médicaments se fait après la seconde guerre mondiale, avec l’arrivée des antipsychotiques (neuroleptiques par Henri Laborit notamment (1952)), des antidépresseurs (1957 par Roland Kuhn) et des tranquillisants : la re-socialisation de milliers d’internés peut être envisagée. 

    Bipolaire : mal du société ou société malade ?  

    Auparavant qualifié de trouble maniaco-dépressif ou de cyclothymie, le trouble bipolaire est classé comme sixième cause de handicap chez les personnes de 15 à 44 ans. Selon les spécialistes, ce trouble serait sous diagnostiqué, c'est-à-dire notamment repéré longtemps après le début de la maladie, empêchant ainsi toute prise en charge préventive. 

    Le nouvel observateur du 7 au 13 janvier 2013 titrait : « bipolaire, le nouveau mal du siècle ». En voici des extraits : «  Longtemps la maladie bipolaire a été réservée aux adolescents et aux adultes de moins de 50 ans. Désormais, on s’acharne chez les vieillards et les bébés ». En 1996, une équipe américaine a fait l’hypothèse que les enfants hyperactifs avec troubles de l’attention masquent en fait la bipolarité. « Depuis, sous la pression de l’industrie pharmaceutique, ce concept de bipolarité cachée s’est répandue (…) 12 millions d’enfants, juste un peu dissipés ou turbulents » sont ainsi placés sous médicaments psychotiques. « Or, il se trouve que la plupart des innovations chimiques concernant le trouble bipolaire sont inutiles, voire nuisibles : leur efficacité est semblable à celles des placébos, ne s’en distinguant que par leurs fâcheux effets secondaires » (Fabien Gruhier, p82-83). 

    « Le risque de tous nos tremblements d’âme est donc bien là. Le marché des antipsychotiques atypiques représente aujourd’hui un chiffre d’affaires de 18 milliards de dollars, soit le double des antidépresseurs en 2001 » (Elsa Vigoureux, p 81-82 qui reproduit des propos de Mikkel Borch-Jacobsen, auteur de « la fabrique des folies »). 

    N’est-ce-pas une certaine forme de fuite en avant à laquelle nous assistons là ? En dehors de son aspect macro-économique clairement souligné ici, il me semble pouvoir retenir qu’en traitant massivement les changements brusques d’humeur de ces patients, c’est une leçon spirituelle essentielle que la société d’aujourd’hui évite. 

    Les enseignements spirituels insistent sur le fait que les pensées et les émotions passent, traversent l’individu de façon incessante et que la liberté de chacun réside justement dans sa capacité à les observer et les laisser ainsi passer sans s’y accrocher. 

    Nos sociétés d’aujourd’hui s’y agrippent en considérant comme malades de façon outrancière ceux qui nous rappellent qu’il est temps de ne pas laisser nos pensées et nos émotions régir nos humeurs. 

     « 3 millions de français seraient aujourd’hui diagnostiqués bipolaires par les psychiatres, les psychologues et les généralistes. Ce chiffre est peut être le signe d’un autre trouble, réel et social cette fois ci. (…) celui d’une société impuissante. Où la pression des normes comportementales augmente, où on ne supporte plus l’étrangeté, la bizarrerie, la fatigue. Tout ce qui déborde. Où la souffrance est dépolitisée, pour être individualisée, psychiatrisée » (Elsa Vigoureux, p 81-82 qui reproduit des propos de Lise Demailly, auteur de « Sociologie des troubles mentaux »). 

    Alzheimer … De quoi méditer 

    Voici un extrait d’une chronique de Daniel Meurois qui nous invite aussi à un changement de regard. 

     « C’est en réfléchissant, l’autre soir, à cette tragédie individuelle et sociale que je me suis soudain pris à changer d’altitude…. Je veux dire à poser un regard différent sur certains des symptômes lourds que manifeste actuellement notre espèce. (…)
    Je nous ai observés, partiellement ou complètement amnésiques, en perte d’identité et de repères, errant ici et là, interrogatifs quant à notre origine et rarement aptes à nous centrer avec cohérence sur le moindre objectif digne de ce nom. (…)  Oui, c’est exactement cela… c’est le fond de notre âme qui est touché par sa propre maladie de l’Oubli… Nous tournons très majoritairement en rond, souvent atteints d’une kyrielle de troubles obsessionnels compulsifs, ayant rarement un but, généralement dénués d’intérêt (…).
     

    En résumé, je nous ai vus avec notre passé qui ressemble à une énigme, avec notre futur qui n’est pas envisagé et avec notre présent étriqué dont nous sommes incapables de jouir, ne serait-ce qu’en y plantant un peu de joie. 

    Dramatique ? D’une certaine façon, oui, bien sûr… si ce n’est qu’une maladie, quelle qu’elle soit, a sa vertu enseignante, même si on refuse celle-ci, même si on dit s’en moquer, même si on se rebelle. Tôt ou tard, elle nous renvoie à nous, devant nos failles et nos gouffres d’inconscience. L’image est évidemment classique mais, pour usée qu’elle soit, on n’en comprend pas nécessairement tous les développements. » 

    Et l’autisme …  

    L'autisme infantile est un trouble du développement humain défini à l'origine par Léo Kanner en 1943 (Wikipedia). La classification internationale de l'Organisation Mondiale de la Santé (CIM-10, version 2010) le caractérise comme un « Trouble envahissant du développement caractérisé par : la présence d'un développement anormal ou déficient qui se manifeste avant l'âge de trois ans ; une perturbation caractéristique du fonctionnement dans chacun des trois domaines suivants de la psychopathologie : interactions sociales, communication, comportement au caractère restreint, stéréotypé et répétitif ». 

    Nos sociétés occidentales ne sont elles pas, elles aussi, souffrantes dans leur modèle de relations sociales qui laissent tellement de personnes face à la solitude ? Souffrantes dans la communication : entendent-elle vraiment ce que les individus qui la composent disent ? Souffrantes en tolérance et en innovation véritable de leur mode de fonctionnement ? 

    Bonne journée et soyez en paix ! 

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  • De mon point de vue, le 5 c’est comme un  S, une spirale qui va de haut en bas ou de bas en haut. C’est donc la rencontre entre ciel et terre.

    C’est donc la souplesse, l’adaptation au changement tel le Serpent.

    L’opportunité de nous rencontrer nous même et de rencontrer les autres. Comment cela ? C’est ce que nous allons explorer. Ainsi, nous verrons où le 5 nous mène.

     Le 5 dans nos vies pour …

    … Pour la Communication 

    5 pour les 5 sens humains : les 5 capacités qui le relient à son environnement et qui lui permettent de rentrer en contact avec ce qui l’entoure.

    … Pour offrir et transformer

    Le 5 pour les 5 doigts de la main : c'est-à-dire 5 extrémités nécessaires à attraper, caresser, cuisiner, dessiner, autrement dit là aussi communiquer avec l’environnement par le geste.

    … Pour créer

    Le cinquième jour de la genèse dans la sainte bible est le premier jour où une création de Dieu engendre une autre création : C’est le jour où « les eaux produisent en abondance des animaux vivants et que les oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel ».

    Dans le cinquième verset de la genèse, le livre de la postérité d’Adam est décrit.

    Ainsi, l’homme lui-même est le symbole du 5 : après les 4 éléments, le feu, l’eau, l’air, la terre, l’homme fut créé.

     Que nous dit un sage ?

    Thich Nhat Hanh, moine Zen, nous rappelle que, selon la pensée bouddhiste, 5 comme les 5 agrégats, les 5 éléments qui constituent la personne. Pour chacun d’entre nous, ces éléments, ou skandha en sanscrit, sont :

    - le corps physique, la forme

    - nos sensations

    - nos perceptions,

    - nos formations mentales

    - notre conscience – connaissance.

     Mon conseil : Une pause dans votre quotidien

    Le corps est le composé d’une multitude d’éléments, de cellules, qui sont en perpétuel mouvement. Chaque instant, des cellules naissent et des cellules meurent.

    Prenez parfois du temps à observer votre main, en allant au-delà de sa forme, et en imaginant tout le mouvement qu’elle contient : les cellules qui se forment et disparaissent en permanence, la sang qui circule dans vos veines, le courant électrique qui va par exemple vous donner des sensations au bout des doigts. Penser à toute cette vie qui est là. Prenez quelques minutes pour la ressentir.

    Nous ne sommes pas un simple corps. Nous sommes autre chose. Rappelez vous en.

     … Le choix d’équilibre. Il me semble que nous avons 5 outils par lesquels nous existons, nous exprimons et manifestons nos qualités :

    - l’action (le faire)

    - la parole (le dire)

    - la pensée (le penser)

    - l’émotion (l’éprouver)

    - le «  in  » (l’observer) : l’in-action, le silence, l’absence de pensée et d’émotion.

    C’est en apprenant à équilibrer peu à peu ces 5 outils que l’harmonie peut être trouvée avec soi-même et avec les autres !

    Allez ! Bonne journée !

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