• Gestion du stress (3) : Testez votre niveau d'exposition 

     

    Bonjour.

    Dans la série d’articles sur le stress, je vous propose celui-ci : il va vous permettre de tester votre niveau de stress. 

    Les origines du test

    En 1967, à partir de leurs différents travaux, les docteurs Thomas H. Holmes et Richard H. Rahe ont créé un test, fondé sur des questions relatives aux évènements pouvant intervenir dans une existence (1). C’est en fait un test d’adaptation au changement.

     A vos stylos…

    Sur les deux dernières années, vous êtes concerné(e) par :

     

    Nombre de fois

    Votre Total
     
     

    100 - Décès du   conjoint

    73 - Divorce

    65 - Séparation

    63 - Séjour en prison

    63 - Décès d'un proche parent

    53 - Maladies ou blessures personnelles

    50 - Mariage

    47 - Perte d'emploi

    45 - Réconciliation avec le conjoint

    45 - Prendre sa retraite

    44 - Modification de l'état de santé d'un membre de la famille

    40 - Grossesse

    39 - Difficultés sexuelles

    39 - Ajout d'un membre dans la famille

    39 - Changement quelconque dans l’univers de travail

    38 - Modification de la situation financière

    37 - Mort d'un ami proche

    36 - Changement de carrière ou de fonction professionnelle

    35 - Modification du nombre scènes de ménages

    31 - Hypothèque supérieure à un an de salaire

    30 - Saisie sur hypothèque ou de prêt

    30 - Modification de ses responsabilités professionnelles

    29 - Départ de l'un des enfants

    29 - Problème avec les beaux-parents

    29 - Succès personnel éclatant

    28 - Début ou fin d'emploi du conjoint

    26 - Première ou dernière année d'études

    26 - Modification de ses conditions de vie

    25 - Changements dans ses habitudes personnelles

    24 - Difficultés avec son patron

    23 - Modification des heures et des conditions de travail

    20 - Changement de résidence

    20 - Changement d'école ou de lieu d’études

    20 - Changement du type ou de la quantité de loisirs

    19 - Modification des activités sociales

    19 - Modification dans ses activités religieuses

    17 - Hypothèque ou prêt inférieur à un an de salaire

    16 - Modification des habitudes de sommeil

    15 - Modification du nombre de réunions de famille

    15 - Modification des habitudes alimentaires

    13 - Voyage ou vacances

    12 - Noël

    11 - Contravention ou Infractions mineures à la loi

     

     

    Chaque occasion de stress est affectée d’un nombre de points. Multipliez ce nombre par le nombre de fois où l’évènement s’est produit dans votre vie depuis deux ans. Inscrivez, pour chaque ligne où vous êtes concerné-e les points «acquis ». C’est votre colonne personnelle. Faites le total.

    Le barême utilisé est :

    • Moins de 150 points: stress modéré
    • Entre 150 et 300 points : stress élevé
    • Plus de 300 points : stress très élevé

    Si vous avez plus de 150 points, consultez s’il vous plait.

    Remarque : Si d'autres événements ou situations stressantes se sont produits au cours des 24 derniers mois, notez-les en leur accordant une valeur identique à celle d'événements comparables Vous ajouterez leur valeur à celle du total de vos points.

     Prenez soin de vous !

    Sources bibliographiques :

    1. - http://www.passeportsante.net
    2.  - http://www.stress.org/holmes-rahe-stress-inventory/
    3.  - www.rsv.espacedoc.net/fileadmin/fobres/questionnaire-stress-echelle-holmes-rahe-ok.pdf

    (1) Ce test a été adapté du "Social Readjustment Rating Scale" par Thomas Holmes et Richard Rahe. Cette échelle fut publiée en premier lieu dans le Journal of Psychosomatic Research. 1967, vol. II p. 214. 

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  • Gestion du stress (2) : Rappels sur le système nerveux pour une meilleure compréhension de votre corpsBonjour.

     Ceci est un autre article de ce blog sur le stress. Plusieurs autres posts y seront consacrés parce que beaucoup de personnes sont concernées dans nos sociétés modernes ! 

    En 2003, le Dr Herbert Benson de l’université Harvard affirmait que 80 % des consultations médicales étaient liées au stress.

    Je vous propose aujourd'hui un angle de vue anatomique et la physiologique. Le stress est une agression qui, en mettant le système nerveux en alerte, provoquent des réactions physiologiques. Examinons le système nerveux en question pour mieux comprendre : son rôle, sa structure, ses fonctions et sa complexité.

    Le rôle du système nerveux

    Le système nerveux est fondamental dans le fonctionnement humain. C’est lui qui conduit, transmet et traite les informations. Ainsi, il contrôle les actions et coordonne les mouvements musculaires. Il contrôle le fonctionnement des organes. Il régule la pensée et la mémoire ainsi que les sensations, les émotions.

    De ce point de vue, le stress sollicite le système nerveux. Par exemple, il induit l'activation de l’hypothalamus, aboutissant à une sécrétion importante d’hormones, cortisol et adrénaline.

    La structure du système nerveux

    Le système nerveux est un système en réseau.

    Chez les vertébrés, on distingue traditionnellement le système nerveux central du système nerveux périphérique.

    • Le système nerveux central est composé de l’encéphale (cerveau, tronc cérébral, cervelet) et de la moelle épinière. L'encéphale, protégé par la boite crânienne, pèse environ 1,4 kilogramme, et représente 92 % du poids total du système nerveux central.

    La moelle épinière, quant à elle, est protégée par la colonne vertébrale. Son diamètre est d’environ un demi centimètre.

    D’autres enveloppes comme les méninges servent aussi de protection  à cet ordinateur humain.

    Plus dans le détail, « le système nerveux central est composé de cellules nerveuses hautement spécialisées appelées neurones. Les cellules nerveuses établissent entre elles des connexions, les synapses. Des milliards de ces synapses contribuent au traitement d'un seul stimulus ».

    • Le système nerveux périphérique, composé des nerfs, sensitifs et moteurs, comprend une partie qualifiée de système nerveux végétatif ou autonome (SNA). Il comprend également le système nerveux somatique avec les nerfs qui transportent les influx, les informations, vers les muscles squelettiques.

     Les fonctions de chaque zone

    Le cerveau est le superviseur du système nerveux. Il est notamment le centre de la pensée consciente. Il comprend l’hypothalamus qui intervient notamment dans la régulation du sommeil, la thermorégulation et l’activité du système nerveux sympathique (1) (2).

    Le tronc cérébral joue un rôle dans la régulation et dans le contrôle de la respiration, du cœur, des vaisseaux, du sommeil.

    Le cervelet exerce les fonctions du maintien de la posture, équilibre, coordination entre les mouvements, mémoire gestuelle.

    La moelle épinière joue un rôle dans la production des réflexes. Elle est aussi un médiateur dans la transmission des messages nerveux entre le cerveau et le reste du corps.

    Le système nerveux autonome est ainsi qualifié car il gère les fonctions automatiques de régulation (par opposition aux fonctions somatiques conscientes) : fonctions respiratoires, circulatoires, digestives, urogénitales. Ce système périphérique autonome comprend lui-même deux réseaux, deux sous-systèmes, plus ou moins antagonistes : le système nerveux sympathique (ou orthosympathique) et système nerveux parasympathique.

    En pratique, le système sympathique est actif en cas d’urgence. Il prépare l’organisme à affronter un danger. Il s’active donc en cas de stress, en étant par exemple, cardio-accélérateur via la production de la noradrénaline. Plus généralement, Il accroît les fréquences respiratoires et cardiaques, ainsi que l’utilisation des nutriments par les cellules, tout en inhibant la fonction digestive et d’excrétion urinaire

    Le système parasympathique est actif au repos. C’est également lui qui, lorsque la situation d’urgence est passée, ramène les fréquences cardiaques et respiratoires au repos puis favorise le réapprovisionnement des cellules en nutriments (digestion) et l’élimination urinaires des déchets.

    En résumé, le système nerveux périphérique, via l’hypothalamus notamment, est donc particulièrement sollicité par les situations de stress. En travaillant sur le contrôle du stress, sa gestion par une activité volontaire (telle que la relaxation), il est recherché l’équilibre de l’ensemble du système nerveux, y compris dans ses aspects « automatiques », inconscientes.

     Pensez y et détendez vous !

     Sources bibliographiques de cet article :

    -         www.passeportsante.net
    -         www.techno-science.net
    -         corps.dufouraubin.com
    -         www.infirmiers.com
    -         www.arsep.org/library/media
    -         www.creapharma.ch
    -         www.futura-sciences.com

    Note (1) - Structure de l’hypothalamus : L’hypothalamus mesure quelques centimètres cubes. « Les neurones de l’hypothalamus synthétisent les différentes hormones et les libèrent dans un premier réseau de capillaires. Celui-ci transporte les hormones de l’hypothalamus vers l’hypophyse, où les hormones sont relarguées par un deuxième réseau de capillaire pour activer les neurones hypophysaires ».

    Note (2) - Le système limbique : Ce sont les zones du cerveau connues pour jouer un rôle dans l'olfaction, la mémoire et la régulation des émotions. On sait que le système limbique exerce une influence sur le système endocrinien (organes sécréteurs d'hormones).

     

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  • Gestion du stress (3) : travail en entreprise, l’épuisement et ses leçons Bonjour.

    Cet article a pour objet de donner un cadre de lecture au stress lié à l’activité professionnelle. L’idée est d’y regarder de plus près avec un regard objectif et positif, un regard constructif.  

    En anglais burn-out, c'est-à-dire s'épuiser, ne plus pouvoir avancer...Etre brûlé. Quid ?

    Les sensibilités des personnes peuvent expliquées ce phénomène. Nous décrivons alors divers facteurs, observables et variables d’un individu à l’autre, pour expliquer l’épuisement professionnel que certains connaissent. Je vous en présente les grandes lignes ci-après.

    Mais ce n’est pas tout. Ce phénomène de société décrit une maladie de société. Et à cette maladie, des remèdes peuvent être prescrits. Nous les évoquons donc aussi.

    L’épuisement professionnel « touche entre 8 % et 10 % des hommes

     Selon Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail, certaines réactions doivent alerter. « Sur le plan émotionnel, le salarié peut se monter irritable, connaître des périodes d'insomnie ou d'hypocondrie ; sur le plan cognitif, il perd la mémoire et sa capacité de concentration ; sur le plan comportemental, il peut se réfugier dans l'alcool, le tabac ou la drogue et, enfin, sur le plan physique, il développe des pathologies comme des ulcères ou des lombalgies » (l’entreprise.com) (note g).

    Mais comment expliquer que certains salariés soient touchés et d’autre non ?

    Comment peut-on être affecté par le burn-out ?

     ▲ La variabilité individuelle : stop à la culpabilisation des victimes !

    Hans Selye a été le premier à s’interroger sur le stress. Il en a donné une définition et fait une description (h). Il en a tout de suite dégagé la caractéristique de variabilité : pour une même situation stressante, les réactions sont variables. Ou encore, différents symptômes de stress peuvent se manifester selon les personnes.

    C’est ainsi que pour certains, le stress peut être bon (a). Ce niveau de stress aide la personne à être plus performante, réactive à son environnement, vivante.

    Il y a donc un niveau de stress optimal, qui traduit  la dose biologiquement nécessaire à chaque individu pour fonctionner harmonieusement avec sa personnalité. Il appartient à chacun de repérer le sien (b).

     ▲ La variabilité environnementale : des situations professionnelles plus à risque …

    Des chercheurs ont tenté de faire des typologies de l’environnement professionnel pour décrire des différences dans l’exposition au risque de stress. Est mise en évidence la relation entre le faible niveau d’autonomie et le risque de dépression : l’individu a peu de marge de manœuvre pour changer la situation et subit davantage (c). Cette notion de contrôle est affinée avec la prise en compte de la subjectivité de la situation de stress.

    Un autre élément professionnel important est la relation entre l’effort accompli par la personne et la reconnaissance qu’elle en a par l’environnement de travail : quand il n'y a pas de reconnaissance un état de stress s'installe (d).

    De ce point de vue là, l’organisation des postes de travail au sein de l’entreprise et le mode de management sont cruciaux. On retrouve alors les symptômes du stress dans les statistiques de l’entreprise : le taux d'absentéisme, le turn-over, les accidents, la baisse de productivité.

    ▲ Variabilité psychologique cognitive et affective (e)

    L'évaluation subjective de la situation par l'individu est aussi importante. Elle repose sur 2 éléments :

    - Le Locus of control (LOC) décrit la tendance qu'a un individu d'attribuer les évènements heureux ou malheureux de son existence à des causes internes ou externes. Les personnes ayant un LOC interne auront tendance à penser que leur échecs et réussites dépendent d'elles et de leur travail. A l’inverse, avec un LOC externe, les personnes attribueront plus facilement leur désarroi et leurs échecs aux autres et auront moins l'impression de contrôler les évènements (f).

    - Le Coping est l'ensemble des efforts cognitifs et des stratégies d'ajustement comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d'un individu.

    Synthèse : une définition caractéristique

    Le stress psychologique dans la sphère du travail est une réponse du travailleur devant les exigences de la situation pour lesquelles il doute de disposer de ressources nécessaires, et auxquelles il estime devoir faire face (Keyser & Hansez, 1996, et l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail).

    Le stress a toujours 3 composantes du stress : une source (qui est l’agent stresseur), la réaction proprement dite (qui est le stress) au problème et l’attitude qui correspond aux effets observables sur les comportements de la personne ou sa santé et sur l’entreprise si la situation concerne un nombre important de salariés.

    Lecture de l’épuisement professionnel : ses voies de guérison

    Selon Christophe Dejours, professeur au Cnam, les modifications des liens sociaux au travail et la désolidarisation entre collègues serait un agent stresseur explicatif du burn-out : il parle de pathologie de la solitude.

    Pascal Chabot estime que cette maladie est surtout un mal de la relation.

    Tisser du soutien social dans le collectif professionnel serait un moyen de prévenir l’épuisement professionnel. Il relève de la responsabilité de chacun et des managers, donc de vous !

    Pour Mathieu Vidard, le burn-out « est d’abord une pathologie de civilisation. Marquée par l’accélération du temps, la soif de rentabilité », les exigences sociétales se multiplient.  Il reste alors à transformer cette expérience ;

    Que naisse de cette expérience « un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs » !

     « Ni l’univers psychique des individus ni la pression sociale qui pèse sur eux ne suffisent à expliquer le burn-out. La reconnaissance, centrale dans la construction de l’identité, forme l’un des points-clés autour desquels s’articulent les enjeux du travail. Toutefois, Chabot note qu’elle n’est pas tout. “Être reconnu par une structure abstraite ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est célébrer ce je-ne-sais-quoi qui fait l’humain, ce qui donne son sens à l’activité.” »

    Ce qu’il faut aussi, c’est rendre la vie professionnelle “digne d’être vécue” (…) : le plaisir du travail bien fait reste la meilleure prévention contre le burn-out. » (Jean Marie Durand).

    Dans ce cas, redonner du sens à son activité est fondamental pour la personne touchée par le burn-out. On trouve alors les recommandations de la plupart des scientifiques : la solution réside dans le changement.

    Sur un plan individuel, « le repos aide à retrouver un peu d'énergie mais ne guérit pas en profondeur le burn-out. Un réel changement doit être intégré dans la vie de ces personnes. Les solutions résident donc dans les prises de conscience de la nécessité de mettre en place de profonds changements dans sa manière d'être et de vivre. (…) Un accompagnement psychothérapeutique est donc souvent indispensable » (Psy.be).

    Autre point : Pascal Chabot remarque que le burn-out touche en premier lieu les professions d’aide, les personnels soignants, enseignants, éducateurs. « De ce point de vue, le burn-out est l’indice de la difficulté de soigner, d’éduquer, de civiliser le sujet dans une société technicienne » (les inrok). L’épuisement professionnel atteste donc d’“un épuisement de l’humanisme”.

    C’est un nouveau modèle de société qu’il faut inventer, où chacun retrouve sa place sans esclavage vis-à-vis du toujours plus de la société actuelle : plus d’argent pour quoi faire ? Plus de reconnaissance pourquoi donc ? …

    Bonne réflexion et portez vous bien !

    Sources

    www.passion-psycho.fr/psychologie-du-travail

    www.journaldunet.com/management

    www.es-st.ac-versailles.fr

    France Inter, La tête au carré, 5 février 2013, Mathieu Vidard

    www.lesinrocks.com/2013/03/17 , Jean marie Durand

    LEntreprise.com, 26/09/2012, Tiphaine Thuillier

    Lentreprise.lexpress.fr/ressources-humaines

    www.psy.be

    www.huffingtonpost.fr/pascal-chabot

    Notes

    • (a) approche interactionniste du stress
    • (b) Chalvin
    • (c) Karasek
    • (d) Siegriest
    • (e) approche transactionnelle du stress
    • (f) Lazarus & Folkman :

    •  (g) Il peut s'agir d'une baisse d'estime de soi, d'un sentiment d'infériorité ou encore d'un sentiment d'insatisfaction au travail, une sensibilité et une nervosité accrue, des crises de larmes et de nerfs et sensations de mal-être. Au japon, en situation extrême d'épuisement professionnel il y a eu des cas de mort subite de l'individu dénommé « Karoshi », mot signifiant « mort par excès de travail ». Le Karoshi touche principalement des employés qui travaillent 24h/24h.

    • (h) Sur ce blog : gestion du stress (1) dans santé /médecine
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  • Les médecines douces reconnues ? Bonjour

    L’Académie de médecine française traite des « thérapies complémentaires » dans un rapport adopté le 5 mars 2013 sur l’acupuncture,  l’ostéopathie, l’hypnose et le tai chi.

     Sont précisées les raisons de ce vocable de thérapies complémentaires : il est retenu car « il implique que ces pratiques ne sont que de  possibles compléments aux moyens de traitement qu’offre la médecine proprement dite, à laquelle elles ne sauraient se comparer ni se  substituer ».

    Par ailleurs, les 4 thérapies retenues par le rapport ont été choisies pour 2 points : (1) leur pratique déjà implantée en milieu hospitalier public français ; (2) l’existence plus riche de publications scientifiques.

    Pour le reste, voici son avis concernant leur efficacité respective.

     -         L’acupuncture

    « On peut estimer que, dans l’état actuel des connaissances, l’acupuncture peut apporter un bénéfice aux patients souffrant de lombalgie ou cervicalgie chronique, de migraine ou céphalée de tension, d’arthrose des membres inférieurs, d’épicondylite, aux femmes enceintes éprouvant des douleurs des lombes ou du bassin et lors des douleurs de l’accouchement, et pour prévenir les nausées et vomissements induits pat la chimiothérapie anticancéreuse. Son utilité dans la fibromyalgie est incertaine. Son effet dans d’autres indications n’est pas exclu, mais n’est pas démontré. » (A)

     -         L’ostéopathie, la médecine manuelle, la chiropraxie

    « Les manipulations rachidiennes peuvent se montrer modérément efficaces sur la lombalgie aiguë, subaiguë ou chronique, sur la cervicalgie aiguë, subaiguë ou chronique, sur la céphalée d’origine cervicale, les états vertigineux d’origine cervicale, et à un moindre degré sur la migraine. Leur effet est incertain sur la céphalée de tension. Les complications possibles des manipulations cervicales sont rares, mais graves. » (A)

    « L'Académie insiste sur les complications possibles, "peu fréquentes mais très graves", en particulier en cas de dissection d'une artère qui aboutit à des séquelles définitives dans 31% des cas ». (E)

     -         L’hypnose

    « Le point d’appui de l’hypnose, comme de la relaxation, est la suggestion qui permet d’induire grâce à des exercices à la fois corporels et psychiques une sorte de déconnexion mentale et physique, aboutissant à un isolement relatif de l’organisme par rapport à son milieu » (A)

     « Dans l’ensemble, les indications les plus intéressantes semblent être la douleur liée aux gestes invasifs chez l’enfant et l’adolescent et les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses, mais il est possible que de nouveaux essais viennent démontrer l’utilité de l’hypnose dans d’autres indications. » (A)

    Sur les 60 essais contrôlés recensés par l’Académie  tournés essentiellement autour des douleurs, nausées, vomissements, fatigue et anxiété, « la quasi totalité concluent à une efficacité de l'hypnose »(A). Néanmoins, mais l'Académie déplore « la faiblesse des effectifs et la qualité médiocre de la méthodologie ». (E)

     -         Le Tai chi et QiGong

    « Le tai chi améliore l'équilibre et réduit sensiblement les risques de chute chez les personnes âgées. Il semble également avoir des effets bénéfiques sur l'asthme et le sommeil. Quant au qigong, il réduit la pression artérielle au repos chez les patients hypertendus. Mais, nuance, l'Académie, "on ne peut dire aujourd'hui si la faveur dont [tai chi et qigong] jouissent est autre chose qu'un effet de mode" » (E).

     Discussion

    - L’effet placebo : « Toutes les thérapies complémentaires ont un effet placebo, et ce dernier semble équivalent que l'acupuncture, par exemple, soit simulée ou authentique. Mais c'est aussi le cas pour de "vrais" médicaments et, surtout, cela ne signifie pas qu'elles soient inefficaces. "Au contraire" même, précise l'Académie, "compte tenu des intermédiaires neurobiologiques aujourd'hui connus de l'effet placebo" » (E).

    - Le Parisien cite en outre Jean-Yves Fagon, en charge du développement de la "médecine" complémentaire à l’AP-HP : « il y a une demande très importante des patients (…) « Les hôpitaux de Paris où 23 praticiens à peine offrent des consultations de médecine complémentaire espèrent  le développement de la recherche sur ces thérapies. Et à défaut d’un diplôme universitaire, une initiation en faculté de médecine ».

    - D’autres pratiques relevant de la "médecine" hétérodoxe méritent une attention particulière (CL) :

    « la réflexologie et l’auriculothérapie, cousine de l’acupuncture, retrouvent le corps entier : la première sous la plante du pied, la seconde dans le pavillon de l’oreille »;

    la kinésiologie, qui utilise un test du tonus musculaire, répondant par « oui ou par non sans se tromper, à une foule de question vous concernant » ou encore l’EMDR, proche de l’hypnose, qui « soigne des syndromes post-traumatiques, même lourds » en utilisant les mouvements oculaires.

    J’y ajoute la fascia thérapie. Autant de pratiques qui proposent des alternatives aux patients mais qui ne sont pas prises en considération actuellement officiellement.

    Le centre d’analyse stratégique a récemment fait 5 propositions dans le sens d’un premier pas: - « Ouvrir une plateforme d’information recensant les connaissances actuelles sur les médecines non conventionnelles, les plantes médicinales et les praticiens du secteur.

    - Développer des études bénéfice-risque/coût-efficacité afin de décider de leur pertinence (…)

    - Etablir un label de thérapeute en pratiques non conventionnelles dont l’obtention serait conditionnée à la réussite d’un examen clinique et juridique.

    - Labelliser les offres de formation en écoles privées.

    - Proposer aux étudiants des filières médicales et paramédicales des modules facultatifs d’initiation aux médecines non conventionnelles pour qu’ils puissent informer leurs futurs patients sur les avantages et risques éventuels. » (CAS)

     A suivre … Je vous souhaite bonne santé.

     Sources bibliographiques

    -         (A) http://www.academie-medecine.fr
    -         (E) L’express
    -         (P) Le Parisien
    -         Laurent Frichet  (TSAVO PRESSE)
    -         (CL) Clés, n°80, décembre 2012 – janvier 2013
    -         (CAS) Centre d’analyse stratégique, Note  d’analyse n°290, octobre 2012, « Quelle réponse des pouvoirs publics à l’engouement pour les médecines non conventionnelles ? »

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