• Le toucher : un sens essentiel à choyer ...

     « On peut vivre sans voir, on peut vivre sans entendre, on peut ne pas sentir ni gouter, mais on ne peut pas vivre dans toucher ni être touché »

    Le langage humain a tellement perçu l'importance du toucher

    que de nombreuses expressions populaires en soulignent le trait :                               

    Entrer dans la peau d'un personnage
                                        Faire la peau à quelqu'un
                                        Caresser dans le sens du poil
                                        Avoir la main heureuse
                                        C'est une peau d'vache

    Biologie

    Dans l'histoire du développement génétique, le toucher est le premier sens éveillé.

    Avant que de voir et d'entendre, le bébé perçoit certaines informations sur ce qui est extérieur à lui, par les limites rencontrées de son environnement, et par les sensations de sécurité et d'affection qu'il en éprouve. C'est la première voie ouverte à la communication.
    Si chacun des autres sens a un organe unique et limité, c'est par la totalité de notre corps que nous sommes "toucher".

    Notre peau et notre système nerveux ont une origine commune. Dans l'histoire du développement des premières cellules qui ont constitué notre corps au départ, un groupe de cellule s'est un moment séparé en deux voies de développement : l'une s'orientant pour devenir le système nerveux qui traite toutes les informations reçues du monde sensoriel, et l'autre devenant une autre voie de contact avec l'extérieur : c'est notre peau.

    Une grande diversité de récepteurs répartis sur l'ensemble de la peau nous renseigne en permanence sur le monde extérieur. Environ 50 par mm2 de peau, inégalement répartis : le bout des doigts est particulièrement bien fourni.

    Les corpuscules de Meissner : privilégient les parties du corps dépourvues de pilosité, et réagissent rapidement aux stimulations.

    Les corpuscules de Pacini: réagissent très vite aux changements de pression. Ils se trouvent près des jointures.

    Les disques de Merkel: réagissent aux pressions constantes et continues, et se trouvent sous la surface de la peau.

     Au-delà de la fonction corporelle

     La peau est une enveloppe physique marquant les limites de notre corps et son point de contact avec l'univers.

    Elle est aussi une enveloppe psychique qui à la fois dit et cache notre personnalité.
    C'est ainsi que la peau - miroir de l'âme -, peut être le lieu où s'expriment de nombreux conflits intérieurs : chacun sait que la rougeur du visage dit volontiers l'émotivité du timide.

    Mais combien de conflits intérieurs se disent aussi par des éruptions cutanées, des psoriasis, des allergies de toutes sortes, comme si la peau était en quelque sorte une mémoire avertie et qui nous informait de notre état intérieur en le donnant à voir à l'extérieur.
    La peau joue ainsi une sorte de rôle de mémoire complémentaire.

    Ce symptôme qu'elle nous donne à voir, de façon qui nous parait parfois très capricieuse, est souvent une invitation au-delà de la peau à marcher plus intérieurement vers nous-mêmes. Il exprime de façon lisible par les yeux, ce que nous n'avons pas encore su nous dire ou dire aux autres par la parole. Ce qui ne s'est pas exprimé en mot, se dit volontiers en symptôme.

    Le toucher fait partie de nos cinq sens. Il est indispensable à la survie de l’être humain. Il s’agit du premier sens à se développer chez l’embryon humain. Dès sa naissance, le nourrisson communique avec sa mère par le toucher, par un contact nourrissant et sécurisant. Le toucher est alors indispensable à son bon développement physique et mental.

    De nos jours, de nombreuses études ont été menées sur les effets positifs du toucher. Une expérience a été réalisée au sein d’une maternité dans un service de prématurés. Un premier groupe était composé de nourrissons recevant les soins courants par le personnel médical. Dans un deuxième groupe, en complément de ces soins, le personnel a été formé pour masser 45 minutes par jour les bébés (3 fois 15 minutes). Il s'est avéré que tous les bébés du second groupe ont quitté la maternité deux semaines plus tôt. Un toucher bienveillant et respectueux aidera les prématurés dans leur développement, réduira les effets négatifs du stress et renforcera leur système immunitaire.

    Du besoin à la thérapie

    Dans notre culture occidentale, le toucher a été pendant longtemps jugé tabou. Le bien-être par le toucher a été relégué au second plan. Ainsi, la tendance actuelle sous-estime les effets positifs procurés par un toucher respectueux et bienveillant.

    Mais pourquoi le toucher nous procure-t-il du bien-être ? Pourquoi est-il agréable de toucher une personne ou de se faire toucher ? Pourquoi de simples mouvements d'auto massage aident-ils à réduire les tensions physiques et nerveuses ?

    Pour la simple et bonne raison, qu'une multitude de récepteurs sont présents sous la peau. Lorsque ces récepteurs sont stimulés, ils envoient un message au cerveau qui produira des hormones. L'hormone en question est l’ocytocine : hormone du bien-être, de l’attachement, aussi appelée par certains spécialistes l’hormone de l’amour. L’action du toucher va également permettre au corps de réduire le taux de cortisol (hormone du stress).

    Les principaux objectifs des techniques proposées sont de favoriser la détente (musculaire et nerveuse), la circulation énergétique, l’élimination des toxines, le bon fonctionnement des organes vitaux, le lâcher prise et l’éveil à une conscience psychocorporelle.

    La sexualité, après la phase de l'adolescence, redonnera une sorte de légalité aux échanges du toucher. Le toucher conduit au plaisir, et la survie de l'espèce lui est peut-être due. Avoir son compte de toucher est, de la naissance à la mort, un besoin vital. En être privé, est toujours source de trouble aux expressions multiples.

    Avec l'avancée en âge il arrive parfois qu'une sorte de désert du toucher s'installe dans certaines vies. Perte des contacts amicaux et familiaux, isolement, parfois maladies, réduisent considérablement les occasions d'un toucher tonique. Au terme de l'existence, lorsque les autres sens font plus ou moins défaut, c'est par le toucher que la personne âgée communique, par les ultimes pressions de la main qu'elle recherche. Demander une infirmière pour un soin quelconque n'est-il pas, bien souvent, une autre façon de dire que l'on a besoin d'exister, et que ce contact va donner cette réassurance dont le corps a besoin.
    La peau, et le toucher qu'elle permet ou recherche, est l'une des voies de communication les plus primitives et aussi celle qui durera le plus longtemps. On le voit, il y a bien une "histoire du toucher" dans la vie de chacun, et un déroulement auquel il convient d'être très attentif.

    C'est parfois un véritable "manque" à ce niveau qui introduit à des dépressions ou à des atonies, qui ne trouvent pas dans des événements précis une étiologie satisfaisante. On se remet de tout, mais pas de la perte de ce premier vecteur de la communication. Sans lui, il n'y a plus rien, sinon la démence.

    Alors n’hésitez pas à toucher les personnes qui vous entourent, à vous masser et à vous faire masser !

     Sources :

    - site de l'association « Mémoire et Vie »
    - http://lesensdutoucher.com/
    - http://www.retrouversonnord.be/toucher.htm

     

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