• La respiration de l'univers

    " Dès lors, dans l’univers, tout respire. L’homme même est respiration : non seulement son corps respire, mais l’âme et l’esprit sont conçus comme des souffles. En arabe, ruh (l’esprit) est d’ailleurs proche de rih (le vent), et nafs (l’âme) proche de nafas (la respiration). Dans le Coran, ruh est le souffle de vie insufflé par Dieu à Adam."
     
    Ce post présente des extraits d'un article que vous trouverez sur le site http://www.lescahiersdelislam.fr/La-respiration-de-l-univers_a842.html
     
    L’Unité divine est au-delà du mouvement et du repos, alors que l’univers est mû par le processus créateur de Dieu. Pour certains auteurs comme Ibn Arabi, ce mouvement des mondes et des créatures est animé par la respiration divine. Selon un hadith célèbre, Dieu était un Trésor caché désirant être connu et qui, pour se faire connaître, créa l’univers. D’un point de vue métaphysique, ce désir s’actualise par ce qu’Ibn Arabi appelle le « Souffle du Miséricordieux ». De ce souffle, pareil à une expiration, émane un Nuage ou une Nuée. Elle symbolise une Substance qui contient, à l’état virtuel, toute la création – les créatures, les mondes, les événements. Puis Dieu dit « sois ! » (« kun ! ») : alors, sur l’ordre de Dieu, toutes les réalités contenues à l’état potentiel dans la Nuée prirent vie, s’animèrent et respirèrent : le cosmos entier apparut ainsi sur une seule parole divine. Pour Ibn Arabi, notre monde vit encore et toujours de ce « sois ! » : toute existence tient à cet impératif à la fois originel et immuable. Aussi, la création est-elle comparable à une respiration : Dieu expire le monde pour le créer, et l’aspire en Lui à la fin des temps [1]. 
     
    Dès lors, dans l’univers, tout respire. L’homme même est respiration : non seulement son corps respire, mais l’âme et l’esprit sont conçus comme des souffles. En arabe, ruh (l’esprit) est d’ailleurs proche de rih (le vent), et nafs (l’âme) proche de nafas (la respiration). Dans le Coran, ruh est le souffle de vie insufflé par Dieu à Adam [2]. Selon Ibn Arabi, l’âme et ce souffle de vie proviennent de la respiration divine, du Souffle du Miséricordieux, en sorte que l’homme respire corps et âme par la respiration venant de Dieu [3]. Un soufi, cité par Kalâbâdhi (Xe siècle), parle de l’esprit et de l’âme comme d’un vent et d’un souffle : « L’esprit [rûh] est (comme) une brise embaumée qui engendre la vie, et l’âme (nafs) est (comme) un souffle chaud qui engendre les mouvements et les désirs. » La respiration constitue, pour les auteurs musulmans, un rythme ontologique, qui structure le mouvement du monde et de l’homme. Il détermine également un art de vivre (de respirer), de percevoir le monde, de prier, de créer ou d’aimer. « Chaque respiration, écrit Sa’di, contient deux bénédictions : la vie dans l’inspiration, et le rejet de l’air vicié et inutile dans l’expiration. »

    Chez Rumi, le souffle est associé, par le truchement de la flûte, au feu de l’amour. Dans les premiers vers de son Mathnawi, le poète chante le ney, la flûte de roseau : C’est le feu de l’Amour qui est dans le roseau, c’est l’ardeur de l’Amour qui fait bouillonner le vin. La flûte est la confidente de celui qui est séparé de son Ami : ses accents déchirent nos voiles. [7]
     
    (...) Dans l’art et sa pratique, la respiration est primordiale, au point de vue corporel et gestuel aussi bien que psychologique et spirituel. Selon des théoriciens arabes, la durée de chaque vers poétique est mesurée par la capacité respiratoire de l’homme, en sorte que le flux du discours est « exactement mesuré par le souffle qui permet de le prononcer. » [9] Par ailleurs, la cantillation du Coran ou la récitation poétique sont comparables à la vivification apportée par le Souffle divin. La parole humaine est une expiration analogue à celle de Dieu : son souffle donne vie au texte, tout comme Dieu donne vie aux créatures (..
     
    Pour des savants musulmans, le rythme de la respiration divine détermine ou constitue le prototype de tous les rythmes polarisés de l’univers : dilatation / contraction, expansion / resserrement, diastole / systole, coagulation / dissolution. Le travail alchimique, écrit Pierre Lory, avec son rythme de densification (coagula) et de dissolution (solve), s’inscrit lui-même « dans l’expir/inspir du Dieu miséricordieux qui crée et défait perpétuellement toute chose qu’il veut manifester. » Le Coran évoque à plusieurs reprises un rythme d’expansion et de contraction, en parlant de la contraction et de la dilatation des matrices (XIII, 8) et de la dilatation du cœur (VI, 125). 

    C’est le soufisme qui, une fois de plus, a donné à ces conceptions les contenus les plus riches. L’enseignement soufi emploie abondamment le symbolisme de la contraction / dilatation pour décrire une alchimie des états psychologiques et spirituels. Selon les maîtres soufis, la voie spirituelle est faite d’une alternance d’états de contraction et d’états de dilatation : les premiers, qui marquent un resserrement psychologique, peuvent être un état de crainte, d’absorption et de concentration en Dieu, alors que les seconds, comparables à une dilation intérieure, sont des états d’ivresse, de joie et de grâce. Djunayd affirmait : « La crainte me contracte, et l’espérance me dilate. » Une épreuve, la pensée de la mort ou l’effort vers Dieu contractent et concentrent l’âme : par la crainte de Dieu, par exemple, l’homme est obligé de surveiller ses actes et ses pensées, de s’intérioriser et de contenir ses passions. Inversement, la joie, le bonheur, l’espoir, dilatent l’âme, la rassurent et la décrispent : ils desserrent la concentration et reposent l’effort. L’état de contraction suprême survient lorsque l’âme se fond et s’éteint dans l’Unité divine ; l’état de dilatation suprême est l’épanouissement infini de l’âme dans cette union à Dieu. Selon une définition de Ruzbehân, « la contraction fondamentale est l’abolition de la conscience dans l’éternité, et la détente fondamentale est la subsistance de la conscience dans la contemplation permanente ». (...)
      
    EXERCICES PRATIQUES D'AUJOURD'HUI : 3 Méditations pour élever le mental

    1.  Chanter son AUM
    Pour pratiquer cette technique se tenir droit de fermer les yeux et d'être à chanter à haute voix le son AUM. Faire un long signal sonore "ooooooooooooo" et terminer par une plus courte "MMMMMM". En plus de chanter ce mantra, garder votre attention fixée sur le centre de votre front.

    2. Des inspirs saccadés

    Pour cette méditation, briser votre inspiration en seize petit renifle, et les uns avec les renifler visualiser un marteau d'argent petite appuyant sur le centre de votre front. Gardez le renifle très faible de sorte que vous pouvez faire seize à compléter une inhalation. Après avoir terminé l'inhalation, expirez dans un souffle, puis répéter le motif.
    Le nombre seize est associé avec le centre, il est important de contrôler votre respiration afin de permettre à seize renifle.

    3. Respiration alternée:

    Fermez votre narine droite et expirez en long, profond et lent par la narine gauche. Également visualiser le souffle de voyage en ligne droite de la narine au centre du front. Puis fermez la narine gauche et expirez lentement par la droite, cette fois de visualiser l'air sortant du centre du front et à l'extérieur de la narine. Garder la narine gauche fermée, maintenant respirer par le droit et puis fermez la droite et expirez par la gauche. Tout le temps de faire de la visualisation ainsi.
    Vous pouvez commencer avec dix tours d'abord et ensuite construire à partir de là. Il s'agit d'une technique très puissante et vous ne devriez pas en faire trop au début. Assurez-vous que vous ne faites pas plus que vous pouvez gérer confortablement à tout moment (vaincremur;blogspot.fr)
     
    Vous êtes entre ciel et terre, vous êtes une semence de l'univers, votre respiration est celle de l'univers...
    Bonne continuation
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